Interview Al Jazeera du 21/02/2006 – Texte intégral

Entre l’Occident, qui représente l’ensemble des religions sur Terre, et l’islam qui ne représente que lui-même, lequel est le plus soucieux de comprendre la nature de ce conflit ?

Il est difficile pour la majorité des occidentaux comme pour la majorité des musulmans de comprendre les différentes facettes de ce conflit. Dans les deux camps, ceux qui considèrent qu’il s’agit d’un conflit de civilisation se trompent : un conflit signifie toujours choc entre deux contraires.

Une civilisation n’entre pas en conflit avec une autre civilisation. Le bien n’entre pas en conflit avec le bien, ni le mal avec le mal.

La bédouinité est seule en conflit avec la civilisation, comme le primitif avec le civilisé, le bien avec le mal. Seuls les contraires s’opposent.

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est un conflit d’idées, un conflit de mœurs, d’usages et de traditions. Dans ce conflit, une partie représente un concept et l’autre son contraire. Les civilisations rivalisent entre elles, elle n’entrent pas en conflit ; et lorsque leur rivalité devient différend, c’est qu’elles ont perdu le caractère qui en faisait des civilisations.

La rivalité entre la civilisation française et la civilisation américaine est aussi évidente que soleil au milieu du ciel. Au lendemain de la boucherie terroriste du 11 septembre 2001, le journal le Monde a imprimé en première page : « Nous sommes tous des Américains », tandis que la foule musulmane convergeait vers les rues en chantant et en dansant. La civilisation française n’entre pas en conflit avec la civilisation américaine, mais les deux peuvent rivaliser.

Un étudiant studieux rivalise avec un autre étudiant studieux, tandis que le conflit ne peut surgir qu’entre deux étudiants opposés par leur application contrastée.

La rivalité entre deux pôles reflète davantage ce qui les rassemble que ce qui les oppose.

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Le conflit auquel nous assistons aujourd’hui, sur la scène internationale, n’est ni un conflit de civilisation ni un conflit de religion, c’est un conflit entre deux contraires. Un conflit entre deux époques et deux mentalités, l’une se rattachant au Moyen Age et l’autre au XXIe siècle. C’est un conflit entre la répression et la liberté, la dictature et la démocratie, la barbarie et la rationalité, le respect des droits de l’homme et la violation des ces mêmes droits ; un conflit entre ceux qui classent les femmes avec les chiens et les ânes [03], et ceux qui en font un critère de civilisation, de raffinement et de progrès.

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Quels sont les plus aptes à comprendre la nature de ce conflit ?
Est capable de comprendre la nature de ce conflit celui qui a vécu dans les deux univers, celui qui a expérimenté les deux contraires. Quelques heures d’avion suffisent pour vous transporter d’une extrémité à l’autre de ce conflit et de vous permettre d’en comprendre et la nature et les raisons. Ces choses-là demeureront inconnues autant à l’Occidental qu’à l’Arabe qui n’a jamais franchi les frontières de son propre univers.
Je pourrais supposer, ne serait-ce que par goût de paradoxe, que les musulmans émigrés sont à même de comprendre la nature de ce conflit parce que, ayant vécu dans les deux univers, ils savent ce qu’un Occidental ignorant tout de l’islam ne peut constater, tout comme ils savent ce qu’un musulman ignorant tout de l’Occident ne peut constater. Sauf qu’il y a un problème avec la croyance musulmane, laquelle restreint la perception du monde à ses propres critères et, de ce fait, n’autorise guère à voir au-delà des barrières érigées par sa propre représentation.
Un musulman peut passer une grande partie de sa vie en Occident et, le rencontrant, on a du mal à croire qu’il ne s’est pas remis de son Rub-Elkhali [04] : il monte dans les modèles les plus récents des voitures américaines comme s’il montait sur son chameau ; il se nourrit comme s’il razziait, il discute, marche et écrit comme s’il razziait. Sa vie tout entière n’est que razzias. Ce qu’il possède ici-bas est butin et ce qu’il peut donner aux autres est octroi.

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Dans la ville où j’habite, la municipalité a placé devant chaque maison trois conteneurs, un pour recevoir les déchets non récupérables, un autre pour les déchets de jardin et le dernier pour le papier et les emballages recyclables. Le but recherché par ce tri sélectif des déchets ménagers est, naturellement, la protection de l’environnement et la prévention de la pollution.
J’ai été invité à un repas chez une amie musulmane et, à la fin fête, tandis qu’on s’employait à débarrasser la table et à nettoyer, mon amie jetait tous les déchets dans le conteneur réservé aux objets non récupérables. J’ai demandé à Souad – c’est le nom de mon amie – la raison qui la faisait agir ainsi. « Que Dieu les maudisse ! me dit-elle, tu voudrais que je participe à la préservation de leur environnement alors qu’ils sont pour quelque chose dans la pollution du nôtre ? N’as-tu pas entendu parler de l’accroissement du nombre de cancéreux en Jordanie à cause de la guerre du Golfe ? N’as-tu pas entendu parler de nos eaux polluées par les matières radioactives qu’Israël y a déversées ? N’as-tu pas entendu parler des prostituées que les juifs envoient en Egypte pour y propager le sida ? N’as-tu pas entendu… N’as-tu pas entendu… »
« Oui, j’ai entendu parler de tout cela, mais je n’ai jamais entendu parler d’un animal qui, après s’être repu d’avoine, piétine le picotin dont il sait que ses enfants, ses petits-enfants et ses arrières petits-enfants vont se nourrir. »
Je m’étais rendue en Syrie l’année dernière, accompagnée de mon amie le Dr Leslie Martin. Leslie rangeait soigneusement dans son sac les emballages perdus et les restes de sa collation jusqu’à ce qu’elle soit rentrée à la maison ou, du moins, jusqu’à ce qu’elle tombe sur une poubelle publique – quoique la plupart des rues dans les quartiers que nous visitions ne se différencie en rien des poubelles. Souad ne représente-t-elle pas une civilisation et Leslie une autre ?
La différence de comportement entre Souad et Leslie est un reflet du conflit entre la bédouinité et la civilisation, et non d’un conflit entre une civilisation et une autre.

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Comme d’habitude, d’aucuns protesteraient : « Souad ne représente pas l’islam. Tu dois distinguer entre l’islam et les musulmans ! » A eux, je réponds : « Souad est l’islam et l’islam est Souad. »
Lors de son pèlerinage d’adieu, le prophète Mahomet a déclaré : « Aujourd’hui, j’ai parachevé votre religion et accompli sur vous mon bienfait ; et j’agrée pour vous l’islam comme religion. » [05] L’attitude de Souad est une illustration de ce bienfait et le résultat indiscutable de ses prescriptions religieuses.
Lisons à Saouad un hadith : « Celui qui, sa vie durant, n’a ni razzié ni parlé de razzia périra dans le groupe des hypocrites. »
Pourquoi un homme fait-il une razzia et pourquoi Mahomet a-t-il razzié ? Quel est le but des razzias ? Personne ne pourra me contredire si je dis que ce but est motivé soit par la quête d’un bienfait, soit par la volonté de nuire à autrui, et plus probablement les deux à la fois.
Au XXIe siècle et précisément aux Etats-Unis, Souad ne peut ni razzier ni même évoquer les razzias. La chose est évacuée de sa conscience ; diluée avec le temps, elle a disparu de son mode pensée. Mais le but de la razzia demeure enfoui dans son inconscient et c’est ce qui la fait lourdement insister pour qu’on se comporte comme elle. Mue par le désir qui gît dans son inconscient, elle cherchera toujours son intérêt en faisant du tort à autrui. Le confort inhérent au monde dans lequel elle vit est un bienfait dont elle profite, tandis que la pollution qu’elle provoque est un tort qu’elle fait à son ennemi.

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L’être humain qui adopte cette culture de razzia est un être dont l’existence est marquée par une tare : il passe sa vie à courir derrière le butin ou à nuire à autrui. La mentalité de razzia est une mentalité pathologique, elle pousse à commettre des prédations et à faire du mal sans pitié. Le musulman est victime de cette mentalité, dont Souad est la preuve évidente. Ce rabaissement tragique, auquel sont réduites les sociétés islamiques, est le résultat inévitable de cette philosophie de razzia et de butin.
Un ami musulman, égyptien et bon connaisseur des affaires égyptiennes, m’a récemment affirmé que les dépôts bancaires à l’étranger de Hosni Moubarak et de ses enfants sont supérieurs à cent vingt milliards de dollars. Je ne suis pas plus experte en techniques bancaires qu’intéressée par les cours de la bourse et la véracité de ce chiffre m’importe peu, mais je suis certaine que les hadiths prophétiques de Mahomet sur les razzias et la prédation sont bien ceux qui ont dénaturé Hosni Moubarak : ce n’est pas lui qui les a mal compris. Ce sont ces mêmes hadiths qui ont dénaturé Souad et non elle qui les aurait mal compris. Et vous voulez avec ça des gouvernants qui ordonnent le bien et pourchassent le mal ? [06]
Enseignez aux gens à gagner leur pain à la sueur de leur front et non à ce qu’ils se le procurent par la prédation ! Apprenez-leur que la razzia est un crime et que la volonté de nuire est une tare ! Echangez la culture de razzia et de prédation contre la culture du travail fructueux et du gain licite !
Souad et Hosni Moubarak sont deux victimes de cette philosophie de razzia et de prédation. Lorsque Souad participe à la pollution de l’environnement en connaissance de cause et selon une démarche préalable, lorsque Moubarak assèche les ressources de son pays pour affamer son peuple en connaissance de cause selon la même démarche préalable, dictée par leur inconscient, chacun d’eux se livre à des prédations et nuit à autrui.

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Le mot est à l’origine de tout. Le mot est l’histoire, le présent et le futur. Nous sommes la portée d’un mot enfanté par le message de Mahomet !
Il est difficile d’imaginer la marque imprimée en chacun de nous par un mot, qu’il soit négatif ou son contraire. L’anarchie que les gens vivent dans n’importe quelle société islamique n’est autre que le fruit de la philosophie islamique !
Observons n’importe quel musulman installé à un poste, en commençant par le chef de l’Etat et en finissant par le chefaillon d’une antenne de police ; évaluons ensuite leur premières actions dès leur installation dans ce poste : « Les proches sont prioritaires dans vos largesses » [07]. Notre musulman se tourne vers les siens et il n’est un membre de la famille, du clan ou de la tribu qu’il ne comble de bienfaits prélevés sur les « possessions de la main droite » ! Il pille ce poste qu’il occupe aidé par son huitième voisin en priorité sur le neuvième, et par ce neuvième en priorité sur le dixième ! Le degré de parenté détermine le volume du butin à répartir et la quantité de nuisances à commettre ; la compétence, le talent et le mérite n’ont aucune valeur pour ce musulman. Et c’est ainsi que le poste tout entier devient la curée rassemblant les fauves de la famille, du clan et de la tribu, selon le degré de parenté.
« Les proches sont prioritaires dans vos largesses » : une philosophie qui ne produit qu’injustice, répression et pauvreté. Elle réduit à néant les relations humaines, consolide l’esprit de clan, aveugle l’individu qui ne considère plus les valeurs humaines qu’à travers le prisme du degré de parenté.
N’y a-t-il pas en Iraq des hommes autrement plus aptes que Oudaï et Qusaï Saddam Hussein pour diriger ? N’y a-t-il pas en Syrie un homme autrement plus apte que Bachar Hafez Al-Assad ? N’y a-t-il pas en Egypte un homme autrement plus apte que Jamel Hosni Moubarak pour administrer le Trésor public de son pays ?

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Supposons un moment que le prophète de l’islam ait exigé, dans ses injonctions, que les nécessiteux soient prioritaires dans vos largesses, ou encore les plus talentueux et les plus doués, serions-nous à ce point discrédités ? Naturellement pas !
Si Saddam Hussein avait été capable de passer outre la philosophie du « hadith prophétique », il aurait distingué parmi la jeunesse iraquienne des plus aptes que ses bourreaux de fils. Si Hafez Al-Assad avait été capable de la même chose, il aurait de la même façon distingué plus doué que cet « adolescent cinglé » qui lui tient lieu de fils. Si Hosni Moubarak avait été tout autant capable de passer outre cette philosophie, il aurait certainement distingué plus méritant que son « déficient » de fils.
Le plus souvent, les êtres humains sont incapables d’aller au-delà des limites déterminées par leur éducation et leur culture.
Pour rendre à chacun ce qui lui est dû, changez cette philosophie d’esprit de clan, placez la raison et l’humanisme au-dessus des liens de sang, répandez parmi les générations montantes une culture fondée sur le principe qui désigne les compétents et les méritants prioritaires sur le parentage. Tordez le cou à l’adage qui dit : Mon frère avec moi contre mon cousin, mon cousin avec moi contre l’étranger. Reformulez-le comme suit : Mon cousin instruit plutôt que mon frère ignare, un étranger savant plutôt que mon frère et mon cousin réunis. Fondez des relations humaines sur la base du savoir et de la bonté, jamais sur les liens de sang et le parentage ! En le faisant, l’histoire changera son cours et vous aurez bâti une civilisation capable de rivaliser avec les civilisations d’aujourd’hui, et non pour entrer en conflit avec elles.
Vous êtes en conflit avec le monde entier parce que ce monde, vu de votre lorgnette, ne s’adapte pas à l’ombrelle des « proches », et parce vos égards sont réservés aux ignares qui sont vos frères et vos cousins !
Si Einstein est votre ennemi c’est parce qu’il est juif alors que Saddam Hussein, qui est de votre sang, est issu de la même matrice qui vous a mis au monde. Ainsi Einstein est demeuré loin de vous tandis que Saddam vous piétine.

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L’Occident considère l’islam comme une religion parmi d’autres et, dans ses relations avec les musulmans, considère ceux-ci sont comme des êtres humains parmi d’autres. Il leur a ouvert ses portes grandes ouvertes et les a accueilli.
De tous les immigrés, les musulmans sont ceux qui bénéficient le plus des organismes sociaux et des droits respectueux de l’être humain. L’on pourrait se demander pourquoi sont-ils les plus nombreux à le faire ?
Réponse : leur évidente animosité contre tout ce qui n’est pas musulman a légitimé à leurs yeux le recours à divers moyens immoraux et illégaux qui permettent de profiter de ces organismes et de ces droits. Un musulman vient-il avec sa famille aux Etats-Unis ? Il y mène avec son épouse une vie conforme à la sounna d’Allah et de son prophète, mais divorce selon les lois américaines. La voilà qui se livre au pillage, escroquant les organismes sociaux qui garantissent à la mère et à ses enfants un niveau de vie décent en cas de déficience ou de perte d’emploi. Lui ? Il s’emploie à trouver des moyens faciles pour détourner la loi : il fraude avec les cartes de crédit, les compagnies d’assurances et les banques en se livrant lui aussi au pillage. Et lorsqu’il est rattrapé par la loi, il se précipite devant les tribunaux et déclare qu’on veut le faire tomber par racisme anti-islamique !

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Un fait s’est produit voici quelques années dans un Etat de l’Union, dont CAIR [08] s’était emparé pour mettre le pays sens dessus dessous :
Après avoir pique-niqué avec ses enfants dans un parc public non loin de son domicile, une musulmane survoilée abandonnait derrière elle des monticules de déchets. Un habitant du quartier dont la maison donne sur ce parc l’aborda un jour, poliment, pour lui demander de ramasser les déchets et de les déposer dans la poubelle placée à proximité. Devant le refus qui lui fut opposé au motif qu’il étai inconnu de cette dame, il l’empêcha de quitter l’endroit en attendant que la police fut sur les lieux. En rappliquant, celle-ci ordonna à la dame de ramasser ses déchets sous peine d’amende et de comparution devant la cour. CAIR s’était emparé de l’incident et en fit toute une affaire sous prétexte de racisme anti-musulman : l’Américain aurait empêché cette dame de partir uniquement parce qu’elle est musulmane et voilée !
Naturellement, de nombreux incidents de cet ordre ont eu lieu avant le 11 septembre 2001. Les musulmans en faisaient trop, comme avec le plat à base de farine de pois chiche empli à ras bord le jour anniversaire de la naissance de leur prophète ! Les lois ne sont bonnes que lorsque ça les arrange.
Après le 11 septembre 2001, l’intérêt des occidentaux a redoublé pour l’islam et les musulmans. En fait, ils voulaient savoir quelle a été leur erreur en laissant ces gens se permettre de telles choses, sur leur terre, avec leurs lois et contre leur morale. Leur recherche a donc commencé par cette question : Où est l’erreur ?
Chez les occidentaux et les Américains en particulier, les ventes du coran ont augmenté suite à l’accroissement de leur curiosité pour ce livre. Les musulmans en furent ivres de joie, n’y voyant qu’un indice des progrès de l’islam en Occident. Il est vrai qu’ils n’aiment rien autant que s’élever, dussent-ils se placer au sommet du pal !
J’ai écouté une interview d’un officier militaire américain qui, au milieu des réponses aux questions qu’on lui posait, a déclaré qu’il avait lu le coran deux fois à la suite du 11 septembre. Un journaliste l’interrogea : « Et qu’avez-vous tiré de cette lecture ? » L’officier hocha la tête et répondit : « Notre devoir est de nous protéger. »
En vérité, le but recherché par les Américains était d’améliorer leur connaissance de l’islam et des musulmans, selon le principe qui enjoint de connaître son ennemi. Dans cette quête fébrile de savoir, un dessinateur danois a réuni nombre de données permettant d’exécuter une caricature. Un tel dessin n’est pas venu de rien ! Ajoutez à cette connaissance la liberté d’expression dont les individus jouissent ici…
La liberté d’exprimer son opinion est un droit inaliénable pour l’individu, qui ne s’en laissera pas facilement déposséder. Pour être acquis, ce droit a été payé par l’Occident au prix de nombreuses années de guerres civiles et de flots de sang versé. Un musulman peine à comprendre l’importance de ce droit s’il n’en a jamais usé : la liberté n’a pas de valeur pour celui qui ne l’a pas pratiquée ! Le même musulman peine à comprendre que l’opinion du caricaturiste n’est pas venue de rien, mais des informations que les musulmans lui ont eux-mêmes servies sur un plateau d’argent.
Le terrorisme commis par tels islamistes au vu et au su de tous les musulmans, sans que ceux-ci protestent, a obligé le monde à ne plus distinguer entre celui qui commet un acte terroriste et celui qui le couvre par son silence. Les musulmans sont soit des terroristes, soit complices des terroristes lorsqu’ils les encouragent par leur mutisme. L’Occident ne distingue plus entre les deux catégories : celui qui se tait devant le terrorisme est pareil à celui qui le commet !
Lorsqu’un musulman tranche la tête d’un otage sous les yeux du monde entier en hurlant « Allah akbar ! Allah akbar ! Je témoigne que Mahomet est l’envoyé d’Allah… », il agit avec la bénédiction de l’ensemble des musulmans ; bénédiction que les uns signifient par leur silence et que d’autres justifient. Et c’est ainsi qu’il est devenu évident pour le monde entier que le turban du prophète est une bombe et non une colombe !

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Les « intellectuels » musulmans, en particulier ceux qui vivent en Occident, ont rivalisé de contorsions à la parution de ces caricatures. Ils ont plastronné : « Nous croyons à la liberté d’expression, mais l’exercice de cette liberté ne va pas sans responsabilité. N’est-il pas une ligne rouge qu’il convient de ne pas franchir ? Le respect des croyances n’est-il pas un droit inscrit dans les Droits de l’homme ? » La réponse ? Bien sûr et sans aucun doute !
En vérité, le respect des croyances est une valeur occidentale qui n’a rien à voir avec l’islam et les musulmans. Et là, une autre question se pose d’elle-même : Comment se fait-il que ces « intellectuels » appliquent de manière sélective cette valeur, selon qu’il s’agit de leurs coreligionnaires ou d’un artiste ? Que disent ces « intellectuels » quand un autre musulman, sur ordre d’autorités politique et religieuse, hurle dans un haut-parleur placé sur la porte d’une église qui vit naître le fondateur du christianisme : « Ont menti ceux qui disent que Dieu est Jésus fils de Marie » ? Quel respect montrent-ils à ceux qu’ils atteignent dans leur religion ?
Pourquoi les musulmans n’éprouvent-ils jamais rien de ce que les juifs et les chrétiens éprouvent quand, cinq fois par jour, ils les insultent en les désignant par « objets de l’ire [divine] et égarés » ! [9] Quand les musulmans vont-ils enfin comprendre que la liberté de croire et le respect qui leur est dû sont comme une voie à double sens : lorsqu’on s’y engage dans une direction ont doit faire attention à ne pas heurter celui qui vient d’en face ?
Lorsqu’on demande aux autres de respecter sa propre religion, il faudra pareillement respecter la leur. Lorsqu’on compare son propre comportement à celui des autres, il faudra employer la même échelle de mesure.

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De même qu’il s’est dressé contre les caricatures danoises en les dénonçant, CAIR doit dénoncer la jurisprudence islamique qui oblige les Gens du Livre à payez le capitation « après s’être humiliés ». [10] Si CAIR peut trouver quelque raison pour justifier l’obligation de payer cette taxe, il n’en a aucune pour justifier l’obligation faite aux Gens du Livre de s’en acquitter après s’être humiliés !
Les membres de CAIR, qui vivent tous aux Etats-Unis, savent parfaitement que payer des impôts est un devoir pour l’ensemble des communautés composant le peuple, sans distinction entre chrétiens et non chrétiens. Un citoyen qui paie ses impôts le fait parce qu’il se sent responsable envers son pays et non pour se sentir humilié.
Quand le musulman occidental va-t-il prendre conscience de la nature du conflit entre sa religion et le milieu dans lequel il vit ? S’emploierait-il alors à en atténuer l’intensité ?

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Ainsi, il n’y a pas de conflit entre les musulmans et l’Occident, mais un conflit entre la bédouinité et la civilisation.
C’est un conflit entre deux manières de respecter les religions et les croyances : l’une classe les êtres en croyants et infidèles, l’autre réunit les êtres sous le même drapeau de l’humanisme, sans distinction. C’est un conflit entre deux manières de s’acquitter des impôts : l’une impose le non-musulman en l’obligeant à payer des taxes après s’être humilié, l’autre oblige les citoyens à s’en acquitter avec politesse et courtoisie ! C’est un conflit entre deux prophètes : un prophète pacifique dont la main n’a jamais porté de glaive et qui n’a jamais razzié, et un autre prophète dont la biographie n’est rien d’autre qu’une succession de razzias, de butins et de femmes.
Le drapeau saoudien est marqué d’un sabre placé sous la profession de foi islamique, tandis que le drapeau américain marque cinquante étoiles symbolisant cinquante États, sans distinction entre les citoyens de ces États, lesquels s’y déplacent comme on circule entre sa chambre à coucher et la salle de bains ! La différence entre ces deux drapeaux indique quelle religion, quelles valeurs et quelles coutumes et traditions sont celles de L’Arabie Saoudite et quelles sont celles des États-Unis ; le premier symbolise le sabre et le meurtre, le second l’unité et la concorde.
Il est impossible qu’un drapeau marqué d’un sabre et porteur d’un slogan religieux soit un symbole de civilisation. En revanche, un drapeau porteur d’un symbole d’union pour les citoyens, quelle que soit leur différence de religion, d’origine et d’opinion, est un drapeau qui symbolise la civilisation elle-même !
Le conflit entre l’Occident et l’Orient est un conflit entre la civilisation d’une part et la bédouinité d’autre part. C’est un conflit entre des concepts, des valeurs, des coutumes et des traditions, et non un conflit de civilisation !

Le texte en français n’est plus disponible sur son site d’origine. On peut le retrouver [ici]

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